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Cyrus Conseil anticipe une « année record » pour 2019

Cyrus Conseil a fait le point lors de sa conférence annuelle ce 15 octobre 2019 sur sa stratégie d’allocation et ses convictions, avec une préférence marquée pour les structurés et le non coté. En collecte brute, Cyrus pense dépasser les 500 M€ en 2019.  



« C’est l’an 1 de la révolution du monde de l’épargne, pour les clients et pour les conseillers », lance d’emblée Meyer Azogui, président de Cyrus. Il l’explique par quatre marqueurs. Tout d’abord, « cette révolution est portée par la prise de conscience de l’absence de rémunération du placement sans risque puisque le livret A des riches, c’est-à-dire le fonds en euros de l’assurance vie, ne rapporte plus ». Cela tout en insistant sur un point : « l’une de nos convictions, c’est que le cash est une denrée indispensable aujourd’hui ».

L’autre événement clé, c’est « le lancement de la retraite par capitalisation » avec le Plan d’épargne retraite (PER). « Ce qui est certain c’est que le PER va être un  outil incontournable mais pour l’instant notre offre clients n’est pas encore arrêtée ». Cyrus s’interroge actuellement sur l’opportunité d’avoir un pôle de conseil dédié à la
retraite.

Troisième bouleversement, la transparence des rémunérations. Et quatrièmement, l’avènement des néo-banques et une relation de plus en plus digitale avec le client. « Jusqu’à présent, les fintechs n’ont pas révolutionné le monde de l’épargne, mais elles ont fait évoluer les modes de communication et de compréhension ». Cyrus lance en ce moment son application pour permettre à ses clients de suivre l’évolution de leurs actifs.

Conséquence de cette « révolution » sur l’argent sans risque, « c’est le retour à la hiérarchie des placements. La question clé est de savoir si l’assurance vie va continuer
à drainer l’épargne longue » (jusqu’à présent 90% de l’épargne financière se faisait via l’assurance vie). Selon Meyer Azogui, le PEA peut reprendre de la vigueur, notamment sur le créneau des actions non cotées, de plus en plus de jeunes manifestant un intérêt sur les titres non cotés de jeunes entreprises.

Le président de Cyrus croit à « l’essor de nouvelles classes d’actifs qui vont se démocratiser », à commencer par les structurés, le non coté et les club deals (ou FPCI) en immobilier…. A noter : il met en garde sur « la bulle la plus invisible, celle de la dette privée », Cyrus préférant « fuir » ce segment de marché, le rendement ne correspondant pas à la prise de risque. Quant aux fonds en euros, qui suscite interrogations, et parfois inquiétudes, Meyer Azogui déclare : « je n’ai pas d’inquiétudes sur les fonds en euros ».

Conclusion, « pour protéger son épargne - je ne dis pas en gagner, mais seulement la protéger - deux préalables s’imposent, estime le président de Cyrus : 1. la prise de
risque ; 2. l’acceptation d’une part d’illiquidité ». « Il y a quelques années, c’était facile d’avoir du 3%, il suffisait de placer sur le fonds en euros. Aujourd’hui, ce n’est
plus garanti ».

Cyrus recommande cette répartition : 25% sur le fonds en euros et 75% en « diversification et décorrélation » (des actifs ne variant pas de la même façon) sur
la base de six classes d’actifs (fonds en euros, fonds obligataires, structurés, SCPI-immobilier, actions cotées, actions non cotées). En l’occurrence, le cabinet propose
15% en fonds obligataires, 15% en structurés, 15% en SCPI, 20% en Bourse, 10% en private equity).

Cyrus anticipant une fin de cycle à venir sur le marché actions, il tend à renforcer les structurés (avec protection du capital), sur appel d’offres et cahier des charges défini par le cabinet. Selon Jean-Philippe Muge, directeur des investissements d’Invest AM (société de gestion filiale de Cyrus), en cinq ans, plus de 200 structurés, pour un encours d’environ 1 Md€, ont été émis auprès des clients. Aujourd’hui, à noter, le cabinet propose surtout des structurés actions en distribution (1,5% par trimestre pour l’offre en cours, avec barrière désactivante à -20% de l’indice de référence).

En résumé, « sale temps pour l’épargne, puisqu’on est dans un contexte où globalement les actifs sont chers, avec une volatilité de plus en plus forte ». Et l’absence de culture financière des Français n’arrange rien, ajoute-t-il. Bilan : « cette révolution remet le conseil au cœur de notre métier de conseiller, tout cela nous va très bien, d’ailleurs notre offre n’a jamais été aussi large ».

D’un point de vue professionnel Meyer Azogui « croit à la concentration du capital ». Pour lui, « deux maîtres mots » s’imposent aux cabinets : 1. La segmentation de la clientèle et 2. La concentration parce que « nos industries deviennent de plus en plus capitalistiques ».

Jean-Denis Errard