28022020

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Economie bleue : un thème d'avenir de la finance durable, selon Credit Suisse

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Credit Suisse publie, avec Responsible Investor, la première étude consacrée à la sensibilisation des investisseurs en faveur d’une économie maritime durable, qu'on appelle aussi « économie bleue » ou « blue economy ». 

L’économie maritime durable – « économie bleue » ou « blue economy » – est l’un des thèmes qui va prendre de l’importance dans les années à venir dans le domaine de la finance responsable. Le département Impact Advisory and Finance de Credit Suisse vient de rendre publique la première étude sur la question, qu’il a réalisée en partenariat avec Responsible Investor. La publication de cette enquête mondiale a coïncidé avec la 7e conférence Conservation Finance destinée aux clients de Credit Suisse qui s’est dernièrement tenue à New York.

90 % des personnes interrogées se disent intéressées par des investissements liés à l’économie bleue durable, près de la moitié (48 %) manifestant même un fort intérêt pour le sujet. Pourtant, 75 % des personnes consultées n’ont pas évalué l’impact de leurs investissements sur les océans et 21 % d’entre elles déclarent ne pas avoir conscience de l’exposition et des risques associés aux océans dans le cadre de leurs placements. L’expertise sur la thématique est faible. Près d’un tiers des détenteurs d’actifs n’intègre pas du tout l’économie bleue durable dans leurs investissements, ce qui, d’après Credit Suisse, souligne la nécessité de mieux informer les investisseurs sur la préservation de la santé et de la résilience des océans.

Les secteurs considérés comme offrant les meilleures opportunités d’investissement sont l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation à ces évolutions, la lutte contre la pollution marine (plastique, notamment), ainsi que la promotion d’une pêche et d’une aquaculture durables. Alors même qu’il existe déjà des opportunités en matière d’investissements « de démarrage », de placements à impact et en fixed income, et que l’injection de capitaux dans les infrastructures et les actions se profile, les principaux obstacles pour les investisseurs demeurent, selon les résultats de l’enquête, le manque de projets en investment grade. En outre, les gestionnaires ne proposeraient pas de projets adéquats.

La 7e économie mondiale

« Non seulement les océans sont les plus importants puits naturels de carbone de la planète, mais ils constituent également une source de subsistance économique capitale pour des milliards de personnes, observe Marisa Drew, chief executive officer du département Impact Advisory and Finance de Credit Suisse. La valeur des actifs liés aux océans est estimée à plus de 24 000 Md$, ce qui en fait la 7e économie mondiale en termes de PIB. Paradoxalement, malgré un vif intérêt des investisseurs pour les opportunités offertes par les placements liés aux océans, ceux-ci restent l’un des objectifs de développement durable de l’ONU qui attirent le moins d’investissements et, en particulier, le moins de capitaux privés. » Ce qui pourrait bouger au cours de la décennie…

« La transition de l’actuelle approche à court terme, destructrice des actifs liés aux océans, vers une économie bleue durable et plus respectueuse du climat offre une opportunité économique exceptionnellle en matière de placements durables, estime pour sa part Dennis Fritsch, analyste chez Responsible Investor. Le public et les gouvernements sont sensibles à l’état désastreux des océans. Néanmoins, on ne sait pas précisément à quel point les investisseurs ont conscience de l’impact de leurs placements sur le milieu marin et de la façon dont cela peut affecter la performance et la valeur de leurs portefeuilles. C’est pourquoi nous nous sommes demandé si les conditions étaient réellement réunies pour que des capitaux privés soient orientés vers une utilisation durable des océans et, dans le cas contraire, ce qu’il fallait changer. »

Les résultats de l’enquête sont tirés d’un échantillon, qualifié et représentatif, de 328 personnes interrogées dans 34 pays, dont 53 % en Europe. 59 % des personnes consultées sont des gérants de fortune et 41 % des détenteurs d’actifs. En termes de capitaux, le panel représente 50 Md€.

Michel Lemosof