04122021

Retour

Actualité des sociétés

Viser la sérénité patrimoniale

investamgillesetconstantin

Interview de Gilles Etcheberrigaray, Directeur général et directeur de la gestion et de Constantin Paoli, Directeur du développement chez Invest AM.

 

Vous vous présentez comme un « pure player » de l’allocation d’actifs. En quoi consiste votre approche ?
Gilles Etcheberrigaray : Nous proposons une offre de gestion diversifiée véritablement internationale, basée sur une approche 100 % top-down. Nous déterminons un scénario macroéconomique que nous appliquons à l’ensemble des portefeuilles que nous gérons. Nous pouvons être investis sur toutes les zones géographiques, toutes les classes d’actifs, tous les secteurs, et ce sans biais particulier. L’idée est d’investir uniquement sur les classes d’actifs qui nous paraissent pertinentes. Pour mettre en oeuvre notre vision, nous avons recours à un univers d’investissement composé d’ETF, de fonds spécialisés et de contrats à terme (futures). Nous sommes également actifs sur les devises et n’utilisons pas d’effet de levier.

Alors qu’Invest AM célèbre son dixième anniversaire, votre gestion a convaincu un grand nombre d’investisseurs au cours de l’année passée. Quelle est l’origine de ce succès ?
Constantin Paoli : Nos encours ont effectivement atteint plus de 900 millions d’euros d’actifs cet été, en augmentation de plus de 40 % par rapport à l’an dernier. Ce bon niveau de croissance organique est la conséquence des bons résultats obtenus au cours de notre première décennie d’existence que ce soit sur nos fonds d’investissement, qu’ils soient ouverts ou dédiés, mais aussi en gestion sous mandat et en gestion pilotée. Elle résulte également du positionnement que nous avons adopté dès le départ.

Quel est ce positionnement ?
C.P. : Invest AM a été créée en 2010 pour gérer, dans un premier temps, les actifs financiers des clients du groupe Cyrus. Nous avons ainsi construit au fil du temps une offre de produits et services adaptés aux exigences des investisseurs privés et de leurs conseillers, qu’il s’agisse de CGP, de family offices ou d’autres organismes de gestion privée. Nous cultivons ce savoir-faire patrimonial sur la durée. Celui-ci est facilité par notre proximité avec le Groupe Cyrus dont la forte dynamique, y compris dans le champ de la gestion d’actifs, laisse entrevoir de prochains développements pertinents à destination des professionnels du patrimoine.

Comment est structurée l’équipe de gestion ?
C.P. : Dirigée par Gilles Etcheberrigaray, qui dispose d’un historique de plus de 30 ans en gestion diversifiée, elle est composée de 6 personnes. Ionel Sbiera, qui avait précédemment officié aux côtés de Gilles chez Franklin Templeton, a rejoint l’équipe quelques mois après la création d’Invest AM. Tous deux s’occupent depuis 10 ans des fonds de la gamme Invest Latitude. Les 6 gérants de l’équipe échangent au quotidien et se réunissent mensuellement dans le cadre d’un comité d’allocation d’actifs pour formaliser les axes stratégiques et coordonner la manière de les implémenter.

Comment s’articule aujourd’hui votre gamme de fonds ouverts ?
C.P. : Notre gamme Invest Latitude est composée de trois fonds profilés : Invest Latitude Patrimoine (profil modéré – SRRI 3), Invest Latitude Equilibre (profil équilibré – SRRI 4) et Invest Latitude Croissance (profil dynamique – SRRI 5). Ces trois fonds ont été conçus pour être des solutions d’investissement « coeur de portefeuille », internationalement diversifiées, qui peuvent ainsi répondre à l’ensemble des besoins en termes de gestion patrimoniale, via une approche fonds de fonds.

Quels sont les principaux facteurs différenciants de votre approche fonds de fonds ?
G.E. : Trop souvent, l’approche fonds de fonds se résume encore à une compilation, un best of des fonds les plus connus du marché. Or, il faut aller plus loin. Notre gamme Invest Latitude fonctionne à 100 % en architecture ouverte. Comme évoqué, nos allocations comportent des ETF, des futures, et des fonds spécifiques. Ces derniers nous permettent d’investir sur les différents segments obligataires ou d’exposer le portefeuille à des thématiques bien particulières. Nous opérons par briques pures et sommes actifs sur les devises, tout cela, rappelons-le, sans effet de levier. Cette approche est pour nous le meilleur moyen de mettre en oeuvre la stratégie qui émane de nos vues de marché.

Comment construisez-vous votre allocation d’actifs ?
G.E. : Notre gestion répond à une approche purement top down non contrainte et s’appuyant sur des convictions fortes. Le processus d’allocation se base sur 3 piliers. Le premier est l’étude des valorisations, l’objectif des gérants étant d’évaluer l’attrait relatif des différentes classes d’actifs et d’identifier celles qui sont sous-évaluées. Nous ne nous positionnons absolument pas comme des gérants « value » même si nous n’aimons pas acheter cher. Nous sommes attentifs aux niveaux de valorisation et préférons garder nos distances avec des actifs surévalués, même s’ils sont populaires. Le deuxième pilier intègre la finance comportementale et la psychologie de marché qui nous permettent d’analyser les excès de positionnement des investisseurs, à la hausse comme à la baisse, et d’identifier des retournements de tendances.

Et le troisième ?
G.E. : Le dernier pilier est l’étude du momentum et l’analyse des flux et signaux d’achat sur l’ensemble des classes d’actifs. Schématiquement, nous privilégions les classes d’actifs sous-évaluées dans un marché stressé et dont le momentum est en phase d’amélioration et vendons celles qui sont surévaluées dans un marché euphorique et dont le momentum est en phase de décélération. Enfin, lors de la construction de nos portefeuilles, nous portons une grande attention à l’étude des corrélations entre classes d’actifs afin de correctement et pleinement diversifier les portefeuilles. La gestion des risques est pilotée en continu et de manière active.

Comment s’est comporté Invest Latitude Equilibre dans la crise ?
C.P. : Sur 18 mois, le fonds n’a été en territoire négatif qu’une trentaine de jours. Bien sûr, compte tenu de notre défiance naturelle vis-à-vis des hausses spéculatives, il n’a pas pleinement accompagné le rebond qui s’est opéré. C’est ainsi, néanmoins, que nous atteignons notre objectif central : apporter de la sérénité à l’investisseur. Sur 5 ans, le fonds a dégagé une performance annualisée de 5,5 % pour un niveau de volatilité inférieur à 7 %.

Thierry Bisaga