25062022

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Gestion de Fortune n° 332 - Février 2022

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L'Edito de Jean-Denis Errard

 D’évidence

 D’évidence – c’est sa nouvelle expression favorite – notre chef de l’Etat n’est pas bien conseillé pour ses placements. Sa situation patrimoniale qu’il vient de publier au Journal Officiel du 9 décembre, outre qu’elle apparaît bien modeste pour un ancien banquier d’affaires de Rothschild & Cie (548 100 € net), qui plus est à environ la moitié d’une vie professionnelle, laisse perplexe. Il peut sembler curieux que cet ancien ministre de l’économie, de surcroit inspecteur des finances, soit si peu éclairé sur la meilleure façon de placer son argent et que ces choix soient si peu cohérents avec ses prises de position « pro business ». En effet, il détient 70 % de son actif en livrets d’épargne (mal rémunérés) et comptes courants (non rému- nérés).

Plus curieux, il ne possède aucun actif immobilier. On le sait allergique à la pierre qu’il considère comme un truc de « rentier » – c’est son expression – et son point de vue n’a échappé à personne dans sa façon de conduire la politique fiscale (impôt sur la fortune immobilière, imposition des revenus locatifs jusqu’à deux fois supérieurs aux revenus financiers, imposition des plus-values plus élevée aussi, réduction d’impôt Pinel restreinte...). Mais tout de même, zéro immobilier dans un patrimoine, il doit être le seul Français dans ce cas ! En outre, depuis cinq ans, selon les données de valorisation Insee-Notaires, la pierre s’est rarement autant valorisée.

Le président possède aussi une assurance vie, ACMN Horizon Patrimoine, le contrat multisupports haut de gamme du Crédit Mutuel (accessible à compter de 50 000 €). En cinq ans, la valeur de rachat a augmenté de 23 % (soit 4,3 % de taux actuariel). Pas brillant non plus mais c’est déjà mieux que le seul piètre fonds euros.

Son avoir en titres d’entreprises – ce que le chef de l’Etat considère comme « l’investissement dans l’économie productive » – ne représente que 13 % de ce patrimoine. En ce qui concerne les comptes-titres et PEA (un PEA-PME dans son ancienne banque Rothschild, l’autre, classique, au Crédit Mutuel), l’encours a augmenté de 7 % par rapport à la déclaration faite lors de l’entrée en fonction (sous réserve d’éventuels retraits). +7 % en 5 ans alors que l’indice CAC 40 GR a bondi de 65 % !

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, en charge de surveil- ler les déclarations patrimoniales des responsables politiques, constate que la fortune nette du chef de l’Etat a augmenté sur le quinquennat de 309 655 € en 2017 à 548 100 euros aujourd’hui, soit +77 %. Un beau score en soi. Mais « en même temps » – autre expression fétiche – notre président a encaissé 1,07 M€ de rémunérations. Cette « performance » de +77 % s’explique essentiellement par la hausse de l’encours des livrets et l’énorme compte courant (167 000 € en déshérence !).

A la lecture de ce bilan pour le moins déséquilibré et peu performant, « d’évidence », monsieur Macron devrait consulter un CGP.