L'Edito de Jean-Denis ErrardEditeur de Gestion de Fortune
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25 ans
Il y a juste un quart de siècle, Jean-Luc Bengel fondait cette revue qui est aujourd’hui devenue la référence dans l’univers des praticiens du conseil en gestion de patrimoine. A l’époque, j’étais rédacteur en chef d’une autre publication, « Droit & Patrimoine », que je venais de lancer de mon côté. Je me souviens qu’à l’aube de cette dernière décennie du XXe siècle, l’expression aujourd’hui tant galvaudée d’« ingénierie patrimoniale » commençait à émerger, grâce à quelques esprits novateurs comme Jean Aulagnier. Celui qu’on appelait le Doyen Aulagnier venait de proposer à Clermont-Ferrand, dans sa chère Auvergne, la première formation universitaire en gestion de patrimoine. La première initiation à cet étrange alliage de la finance, du droit et de la fiscalité dont il est devenu le maître alchimiste (étrange, parce qu’en France on adore tout compartimenter !).
J’ai organisé au Sénat en octobre 1994, un colloque sur l’utilité du démembrement de propriété avec Bernard Monassier, Jean Prieur, Bernard Plagnet… et Jean avait bluffé l’assistance en expliquant l’intérêt du démembrement de la clause bénéficiaire des assurances vie et du quasi usufruit.
Après le tumulte des années 80, et son choc de complexité fiscale, nous découvrions les joies de « l’optimisation », avec sa palette d’instruments et de sociétés écran pour se jouer des inquisitions et de la « taxite » aigüe des gouvernants. Ce petit jeu du chat et de la souris allait progressivement faire de notre Code général des impôts et du BODGI, puis BOI, ces monstres de réglementations qui régalent aujourd’hui des armées d’experts, dont plus de 3 000 en 30 ans formés à Clermont.
En 55 ans, la masse des prélèvements a augmenté de 30 % du PIB en 1960 à 45 %. Lequel PIB atteignait 47 Md€ en 1960 et 2181 Md€ en 2015. Soit une ponction de presque 70 fois plus sur les créations de richesses de notre pays. Pourtant notre pays croule « toujours plus » (comme l’a écrit si bien François de Closets) sous les dettes et l’écart du niveau de prélèvements avec les autres Etats ne cesse de s’accentuer à maintenant plus de 11 points selon les dernières données de l’OCDE !
Pour ces 25 ans, nous avons demandé à deux de nos chroniqueurs fidèles, Georges Canto et Bruno Pays, qui ont observé et commenté ces évolutions dans la revue, de raconter ce qui les a marqué. Et nous avons rencontré Michel Taly, longtemps aux commandes du coeur nucléaire de Bercy, pour qu’il nous dévoile « les coulisses de la politique fiscale ». Une analyse sans concessions… Voilà un anniversaire qui n’est pas très festif. Mais il l’est d’une certaine manière, parce que dans cet univers d’oppression fiscale et d’hostilité à l’égard de ceux qui entreprennent, on n’a jamais eu autant besoin de l’expertise de bons conseillers comme le soulignait le professeur André Babeau dans notre édition de décembre. Il l’avait pressenti dans un interview réalisé dans le numéro un de la revue par Jean-Luc Bengel. La route est tracée pour les 25 prochaines années…
Toute la rédaction vous adresse ses meilleurs espoirs de prospérité pour cette nouvelle année 2017.
