Selon François-Xavier Chauchat, membre du comité d’investissement, économiste et stratégiste chez Dorval AM, la réouverture du Détroit d’Ormuz redonne du tonus aux stratégies équipondérées.
« Thème majeur des Bourses depuis 2023, fait observer François-Xavier Chauchat, membre du comité, stratégiste et économiste chez Dorval Asset Management, l’IA traverse une nouvelle phase de prises de profits. Alors que le net repli des prix de l’énergie redonne confiance dans la croissance mondiale, les stratégies équipondérées reprennent le flambeau. » Si l’IA s’est imposée comme un thème « incontournable », sa volatilité n’en reste pas moins élevée, en raison du positionnement parfois « extrême » de certains investisseurs et des incertitudes « inhérentes » à cette révolution technologique.
La rentabilité « réelle » des investissements « colossaux » dans les centres de données demeure « incertaine ». Le boom sectoriel crée des goulots d’étranglement (mémoires, semi-conducteurs…). La répartition entre les futurs gagnants et les futurs perdants reste un sujet « mouvant et spéculatif ». Les investisseurs avaient privilégié l’IA durant la guerre en Iran qui, du fait des menaces pesant sur la croissance mondiale, avait fragilisé une large part de la cote. « Ces risques, souligne François-Xavier Chauchat, ayant désormais considérablement diminué, les Bourse mondiales sont passées d’un mode de concentration à un mode de diffusion. »
Une moindre exposition aux soubresauts de l’IA
En compilant les paniers IA de courtiers comme Goldman Sachs, Morgan Stanley et UBS, les valeurs directement ou indirectement portées par le boom des investissements dans l’IA représentent un tiers de la capitalisation boursière des pays développés : 41 % aux Etats-Unis, 22 % au Japon et 14 % en Europe. « En équipondérant les valeurs, révèle le professionnel, le poids de l’IA tombe à 10 %. » Si les secteurs de la technologie de l’information et des services de communications représentent 38 % de l’indice mondial Bloomberg, l’équipondération confère aux valeurs financières et industrielles un poids de 37 %.
Investir actuellement dans un portefeuille d’actions internationales équipondérées n’est pas une démarche « défensive ». C’est une option « sensible » à la dynamique de la croissance économique mondiale, moins exposée aux soubresauts de la thématique IA. En termes de Price Earnings Ratio (rapport cours/bénéfice), un indice équipondéré bénéficie d’une valorisation « moins tendue » qu’un indice « classique », à 16 fois les résultats attendus pour les 12 prochains mois (en ligne avec la moyenne historique), contre 19 fois.
« Selon le consensus des analystes, précise encore le stratégiste de Dorval AM, les bénéfices agrégés de l’indice équipondéré devraient croître de 14 % en 2026, puis de 10 % en 2027. Bien qu’en deçà des prévisions pour l’indice classique (+ 16 % et + 11 %), cet écart ne justifie sans doute pas une différence de valorisation (13 % de décote) entre les deux stratégies. » C’est pourquoi Dorval AM privilégie l’équipondération, laquelle permet de limiter la concentration des portefeuilles, tant au niveau des valeurs individuelles qu’au niveau des secteurs ou des régions.
Un choix qui s’exprime à travers un panier « cœur » diversifié, qui constitue la majeure partie de l’exposition maison aux actions mondiales. L’exposition à l’IA, elle, est gérée en parallèle de manière « indépendante », via un panier de valeurs « spécifiques », elles aussi équipondérées. Celui-ci est couvert à hauteur de 50 % par une position vendeuse sur le Nasdaq 100.
ML
