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Gestion de Fortune n° 346 - Mai 2023

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L'Edito de Pascale Besses-Boumard

 Emplettes

Cela fait un petit moment déjà que la profession de CGP est sur le grill. Entre l’afflux de nouvelles règlementations, la menace sur leur business model et l’arrivée de nouvelles directives environnementales, leur quotidien se complique bel et bien. Pas étonnant, dans ces conditions, de voir s’accélérer le rythme des cessions de cabinets, gros et petits, à la poignée de consolidateurs, à l’affût pour agréger un maximum d’encours et d’expertises.

Il faut dire que les CGP font face aujourd’hui à deux défis majeurs : d’abord, celui de voir l’interdiction pure et simple des commissionnements sur les ventes de produits financiers. Un projet en gésine depuis un peu plus d’un an au sein de la Commission européenne. Les lobbies des deux clans (pros et détracteurs des rétrocommissions) ont intensifié leurs efforts ces derniers mois pour faire valoir leur point de vue.

Les avis divergent, il est vrai, sur la bonne réponse à apporter. Certaines associations de défense des épargnants sont montées au créneau sur ce sujet en présentant plusieurs propositions susceptibles d’éviter l’abolition pure et simple des rétrocessions. La Faider dirigée par Guillaume Prache, par exemple, a fait trois propositions : harmoniser les règles européennes en matière de gestion des conflits d’intérêt entre les différents produits d’épargne ; clarifier les règles pour veiller à ce que les coûts des investissements soient toujours en rapport avec leurs performances ; éliminer le risque de biais de sélection des unités de compte.

C’est d’ailleurs dans cet esprit d’éviter les abus en matière de commissionnements que l’ACPR vient de présenter un texte visant à « inciter » les professionnels de l’investissement financier à réduire les barèmes incitatifs, incitation qui a de fortes chances de se traduire, à terme, par une réglementation. L’AMF a tout autant dans son viseur les rémunérations un peu trop excessives constatées au niveau de certains fonds immobiliers, ces SCI qui, depuis cinq à six ans, rencontrent un vif succès.

Au-delà de ces nouvelles règles en préparation, les CGP sont également confrontés à un casse-tête tout autant problématique : la mise en œuvre du questionnaire ESG. Si nombre de sociétés de gestion ont joué le jeu avec la mise à disposition de questionnaires répondant aux injonctions légales, ces professionnels sont bien souvent incapables de proposer des produits correspondant aux critères les plus ambitieux de la taxonomie. Laissant sur leur faim les clients des conseillers.

Si l’avenir du métier de conseiller financier n’est pas remis en cause, tant le besoin d’accompagnement est grand, faut-il s’attendre à une transformation de leur business model et partant, de leur raison d’être ? Il sera intéressant de voir si l’on s’achemine vers un modèle à l’anglaise ou si le secteur maintient le mix commissions/honoraires, largement majoritaire dans la plupart des autres pays européens. Les Crystal, Cyrus ou Premium ont, en tout cas, un boulevard pour poursuivre leurs emplettes