Nous vivons une époque formidable mais qui en a vraiment conscience ? Jamais en une décennie tant d'événements historiques ne se seront succédés. La plupart, je vous le concède, n'ont pas été très heureux. Mais après tout, si cela avait été le cas, nous en souviendrions-nous ?
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L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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Nous vivons une époque formidable mais qui en a vraiment conscience ? Jamais en une décennie tant d'événements historiques ne se seront succédés. La plupart, je vous le concède, n'ont pas été très heureux. Mais après tout, si cela avait été le cas, nous en souviendrions-nous ?
Aujourd'hui, même s'il est bien difficile d'en connaître l'issue, tout le monde se souviendra de la crise grecque. Surmédiatisée et commentée, celle-ci nous renvoie sur les bancs de l'école tant sa dimension mythique nous frappe. Comment ne pas reconnaître le mythe de Sisyphe dans les difficultés rencontrées pour former un gouvernement à Athènes ? Comment ne pas songer aux douze travaux d'Hercule face à l'ampleur des déficits accumulés ? Comment ne pas se reconnaître dans ces Grecs qui, par peur de sortie de leur pays de la zone euro, vident leurs comptes bancaires et achètent des coffres-forts ?
Et ces chiffres ? Ne donnent-il pas le tournis ? 800 millions d'euros sortaient chaque jour des banques grecques à la mi mai 400 à 500 milliards d'euros de pertes pour la zone euro en cas de sortie de la Grèce.
Pendant ce temps, la France élit un nouveau président qui, dès le jour de sa prise de fonction, voit son avion frappé par la foudre. Voici donc que Zeus lui-même s'en mêle et veut nous faire passer un message ?
Oui, vraiment, le mythe est plus que jamais d'actualité. Quel ingénieur patrimonial aurait parié, voici quelques mois encore, sur le rétablissement de l'ancien barème de l'ISF dès cet été ? Quel contribuable pouvait imaginer devoir aussi rapidement payer trois fois plus en si peu de temps ?
Voici donc venir la période des sueurs froides et des maux de tête. Face à cet été de loi de finances rectificative qui s'annonce, nos prochains élus à l'Assemblée Nationale seraient bien inspirés de se pencher sur le dernier ouvrage de Christian Morel paru chez Gallimard. Intitulé « Les décisions absurdes, comment les éviter », cet ouvrage regorge de bonnes idées à méditer. J'en retiens pour ma part cette phrase qui mérite réflexion : « Le problème n'est pas de se tromper mais de se tromper d'une façon telle que l'on se mette dans un état d'esprit qui retarde ou empêche la prise de conscience de l'erreur ». A bon entendeur...
Gilles Petit
