L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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Au moment d’écrire ces lignes, les réseaux sociaux bruissent de faits divers sanglants impliquant des enfants, le plus souvent comme victimes mais aussi comme témoins. Lorsqu’une société en vient à engendrer de tels actes, ce n’est souvent pas bon signe. Le désespoir est-il si grand dans notre pays ? Au fur et à mesure que la crise économique s’amplifie, me revienne avec insistance ces quelques mots écrits par le Ministre de l’Armement, Winston-Spencer Churchill. Nous sommes en février 1918 et l’homme qui deviendra encore plus célèbre 22 ans plus tard visite le front près du saillant d’Ypres (Belgique). Il décrit à son épouse la chose suivante : « sur le chemin du retour, nous sommes passés près de l’asile d’aliénés, réduit en poussière par les gens normaux du dehors ! »
En est-on là ? D’un point de vue symbolique, peut-être bien après tout. Le déni dans lequel semble vivre certains dirigeants européens à de quoi laisser pantois. Et il n’y a guère que les banques centrales pour véritablement comprendre quels mécanismes pervers sont aujourd’hui à l’œuvre. Le problème c’est que loin de constituer une solution, leurs injections massives de liquidités permettent seulement de gagner du temps. Quand le dealer devient votre dernier espoir, la situation n’est pas désespérée mais presque…
Dans un tel contexte, on ne peut que saluer les efforts des chefs d’entreprise pour garder la tête hors de l’eau. Selon les premières estimations de l’Insee et de la Dares, 20 300 emplois salariés ont disparu dans notre pays au cours des trois premiers mois de cette année. Sur un an, la destruction porte sur 133 800 emplois. Si l’on ajoute à cela une instabilité fiscale récurrente au point d’en devenir maladive, on obtient le cocktail parfait pour inciter les dirigeants à l’expatriation. De ce point de vue, le dossier du mois sur la transmission d’entreprise est d’ailleurs emblématique. Si les entrepreneurs continuent de transmettre leur société, ils sont de plus en plus nombreux à envisager un départ à l’étranger. Non qu’ils n’aiment plus la France, bien au contraire. Le mal est plus profond. En réalité, ils sont persuadés que les hommes politiques ne sont pas capables de redresser les comptes publics et que tous les efforts réalisés le sont à fonds perdus. « La fin de l’espoir est le commencement de la mort » écrivait un certain Charles De Gaulle. Souhaitons juste qu’il nous reste encore assez de temps pour inverser la tendance…
Bonne lecture !
Gilles Petit
