L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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Ex-ministre du Budget et désormais repenti notoire, Jérôme Cahuzac a évoqué “sa part d’ombre” pour justifier la “faute morale” d’avoir caché un compte bancaire en Suisse. Peut-être avait-il visionné la veille et à la suite La Guerre des Etoiles de George Lucas, où il est justement question du « côté obscur de la force », et Si Paris nous était conté de Sacha Guitry et que son esprit a fait une sorte d’amalgame. Pourquoi pas.
Dans son chef d’œuvre, le dramaturge français place ces mots dans la bouche du conseiller de Paris Pierre Brunel au moment où la garde le mène en sa cellule de la Bastille : « c’est d’une maladresse insigne comme le sont d’ailleurs les impôts qui nous accablent et nous attristent. Que demain le gouvernement nous demande de déclarer nos revenus. Que se passera-t-il ? Nous serons bien obligés de falsifier nos comptes. Et en conséquence, nous serons tous devenus des menteurs. Que dis-je des menteurs. Des voleurs ! »
Est-il besoin d’en dire plus. L’opprobre général vient confirmer la perte de repères de nos élites et surtout leur désacralisation. C’en est fini des grands hommes, place au gouvernant normal et à la publication de son patrimoine sous des formes parfois obscures. Et si au lieu du stock, nous nous préoccupions un peu des flux et de leur origine ? S’il faut en passer par-là, Messieurs les dirigeants, faites au moins œuvre utile, à défaut d’imprimer votre marque dans l’Histoire.
Heureusement pour moi, lorsque l’affaire Cazuhac a atteint son paroxysme, j’étais en tournée en Province pour rencontrer conseillers en gestion de patrimoine indépendants et chefs d’entreprise. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le contraste fut saisissant. Malgré des temps «économiques difficiles, quel enthousiasme et quelle passion j’ai rencontré chez ces professionnels. A tous ceux qui hurlent avec les loups et surtout à notre exécutif, je transmets donc ce message en provenance directe du terrain : l’élan économique n’est pas brisé dans nos régions, du moins pas encore. Mais par pitié, faites comme le gouvernement néerlandais qui, au vu de son histoire ne peut être taxé de laxiste, mettez un coup d’arrêt à la politique d’austérité et à cette trop forte pression fiscale. Et relisez Paulo Coelho pour qui « c’est une chose de penser que l’on est sur le bon chemin » et que « c’en est une autre de croire que ce chemin est le seul ». Un tel revirement aurait pour principale vertu de redorer votre blason et peut-être même de vous faire retrouver un peu d’aura. Vous n’en êtes pas tout à fait convaincus. Alors méditez bien cette phrase de JF Kennedy : « les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé. » Saisissez donc cette chance, le même plat ne repasse jamais deux fois ! ».
Bonne lecture !
Gilles Petit
