L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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Et si nous étions en train de vivre un véritable changement d'époque ? Je sais bien qu'avec des si, on pourrait « mettre Paris en bouteille », comme le dit le proverbe, mais tout de même. Les quelques signes annonciateurs se révèlent suffisamment troublants pour que l'on ait envie de reconstituer le puzzle. Le pape renonce à son poste, l'OCDE prépare un plan pour lutter contre l'optimisation fiscale des multinationales, les Etats-Unis relèvent d'un quart le salaire minimum et l'euro, oui l'euro, devient trop fort aux yeux des entreprises exportatrices du Vieux Continent.
En matière de placements financiers aussi, les temps semblent changer. « Placement préféré des Français », selon la formule consacrée jusque-là, l'assurance vie est subitement descendue de son piédestal en 2012 en enregistrant pour la première fois de son histoire une décollecte annuelle. Selon la Fédération Française des Sociétés d'Assurances, ce sont ainsi près de 3,4 milliards d'euros qui sont sortis de la précieuse enveloppe fiscale. Comme toute fin de lune de miel qui se respecte, ce retrait correspond à la disparition de certaines illusions chez les investisseurs particuliers. L'enquête 2013 du Cercle des Epargnants menée avec l'institut CSA est de ce point de vue des plus éclairantes. Aujourd'hui, plus d'une personne sur quatre ne croit plus au « placement idéal ». Mieux, l'immobilier considéré comme le meilleur placement pour son épargne perd son statut de leader au profit du livret A !
« Une illusion de moins, c'est une vérité en plus », écrivait Alexandre Dumas fils. L'heure n'est donc déjà plus au constat mais à l'action, ce qu'ont très bien compris les assureurs interrogés dans notre dossier du mois. Le fonds en euros devient de moins en moins attractif ? Qu'à cela ne tienne, passons au fonds en euros immobilier ? Ce dernier n'est pas assez liquide ? Eh bien, lançons des produits à l'allocation d'actifs bien plus flexible.
On l'aura compris, dans l'oeil du cyclone, l'assurance vie est encore bien loin d'avoir dit son dernier mot. D'ailleurs, si les particuliers s'interrogent sur son compte, le gouvernement et certains assureurs la verraient bien offrir un utile relais de croissance, à l'heure où justement notre croissance économique est au point mort. Pour l'heure, les idées pour utiliser une partie de la précieuse manne (1 391 milliards d'encours sous gestion) portent sur le financement de la construction de nouveaux logements et l'investissement dans les PME. Reste maintenant à savoir si cela suffira. Comme le disait Sir Winston Churchill, « il n'y a rien de négatif au changement, si c'est dans la bonne direction ! »
Bonne lecture !
Gilles Petit
