L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
|
La pause estivale s’achève et c’est encore plein d’images en tête que chacune et chacun d’entre nous reprend ses occupations. Dans ce contexte économique toujours incertain, ceux qui ont voyagé hors de France n’ont certainement pas manqué de prendre le pouls de leur pays d’accueil. En visite chez nos voisins transalpins, j’ai pour ma part constaté que la situation là-bas était encore plus inquiétante que chez nous. Dans certaines régions, dont Rome fait partie, la carence en emplois est telle que c’est le jeu de l’offre et de la demande qui fixe la rémunération des médecins lorsqu’ils font des remplacements. Suivant la ville, le salaire versé peut donc aller du simple au double. Quant aux usines, elles continuent de fermer entrainant à leur suite des mouvements migratoires du sud vers le nord du pays. Malgré cela, une certaine forme d’esprit de famille subsiste chez nos voisins, lequel permet de subsister en attendant que l’orage passe. Et puis, certains commerçants ingénieux ont décidé de ne rien gâcher et vendent désormais le pain de la veille à moitié prix. Autant dire que le retour en France fut des plus rudes. Dans notre si beau pays règne comme un parfum de défaitisme que Nicolas Dufourcq, le directeur général de la Banque Publique d’Investissement (dont la mission est de soutenir les PME et les entreprises de taille intermédiaire), a fort bien résumé par ces quelques mots : « la mélancolie et l'autodénigrement coûtent à la France plus d'un point de PIB ». Un constat sans appel qui sonne comme un avertissement et doit inciter la France à se retrousser les manches plutôt que de rêver à sa situation en 2025. Pour l’y aider, j’aimerais citer en guise de bonne résolution de rentrée un passage du texte de Mitch Albom, journaliste au Detroit Free Press. Il suffit d’y remplacer le mot « Detroit » par « France » : « Les piliers de Detroit se sont peut-être effondrés sous le poids des décennies mais nous, ses habitants, sommes toujours debout. Nous continuons à nous lever le matin, à aller au travail, à embrasser nos enfants, à croire que demain sera meilleur. Nous continuons à dire que Detroit est chez nous. Avec fierté. Oui, nous sommes ruinés. Mais nous ne sommes pas brisés. Et si vous nous connaissez un tant soit peu, vous savez une chose : nous ne bougerons pas d’ici. »
Bonne lecture !
Gilles Petit
