L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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Regarder le futur avec les yeux d’hier, telle est l’expérience que j’ai récemment faite en visionnant le film Rollerball (1975) de Norman Jewison. Au-delà de la simple critique d’un certain système politique et des ordinateurs antédiluviens (avec cartes perforées !), ce petit exercice m’a rappelé combien l’art de la prévision était difficile. Après tout, souvenez-vous qu’au XIXe siècle imaginer le futur c’était croire qu’en 2020, à Paris, les voitures voleraient dans le ciel et que nous serions capables de voyager dans le temps. Nous en sommes bien loin aujourd’hui avec nos alertes pollution et notre circulation alternée.
Dans le même ordre d’idées, lorsqu’en 1985, on demandait à des enfants d’imaginer la vie quotidienne de 2010, ceux-ci voyaient un monde où la plupart des tâches ménagères étaient reléguées à des robots. Pour nous qui vivons en 2014, ce regard rétrospectif sur de la pure prospective pourrait prêter à sourire si l’actualité ne venait nous rappeler à quel point il est important d’avoir les lunettes adéquates pour rester en contact avec la réalité. Dernièrement, l’un de nos ministres les plus en verve n’a ainsi rien trouvé de mieux que d’intervenir dans le dossier de rachat d’un opérateur de téléphonie au capital duquel l’Etat français ne détient aucune participation. Comme aux plus belles heures du Gosplan soviétique (1928-1991), il s’est donc immiscé dans les affaires de sociétés privées poussant même l’outrance jusqu’à menacer le potentiel futur propriétaire de l’ensemble d’un contrôle fiscal en bonne et due forme. Quand le passé ressurgit dans le présent et qu’il déteint sur le futur…
Ce mois-ci notre dossier est justement consacré à l’émergence d’une nouvelle pratique, celle du crowdfunding ou financement participatif. Si l’on ignore encore quel sera son impact véritable sur la société, nul doute qu’il faut l’envisager avec la plus grande ouverture d’esprit possible.
Bonne lecture !
