L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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« Le pire n’est jamais décevant ».
Cette phrase extraite du film « Hommes, femmes, mode d’emploi » (1996) de Claude Lelouch trouve un étrange écho depuis la déroute de la gauche aux élections municipales et la nomination d’un nouveau Premier ministre. Outre les 50 milliards d’euros d’économie qu’il va falloir trouver dès l’année prochaine et pour les deux exercices suivants, Manuel Valls va surtout devoir tenter de redonner du baume au cœur de ses concitoyens. Déprimés, voire dépressifs, ceux-ci éprouvent une étrange sensation de vertige où se mêlent sentiment d’abandon et sourde inquiétude concernant l’avenir. Persuadés que la crise est partie pour durer, ceux-ci ne cessent de se replier sur eux-mêmes en attendant que l’orage passe et en faisant confiance à leurs « élites » pour que les choses n’empirent pas davantage. Ne serait-il pas temps de leur dire la vérité ? De leur avouer qu’en lieu et place de crise nous sommes plutôt en train de vivre une véritable mutation mondiale et que seuls ceux qui sauront s’adapter survivront ? Aurez-vous le courage de tenir un tel discours Monsieur le Premier ministre ? Pour vous inciter à le faire, permettez-moi de vous rappeler quelques mots prononcés par Vaclav Havel (1936-2011) à l’Université de Harvard en mai 1995 : « la principale tâche de la génération présente des hommes politiques n’est pas de plaire au public par les décisions qu’ils prennent, ni de faire des sourires à la télévision. Elle n’est pas de gagner les élections ni de s’assurer des places au soleil jusqu’à la fin de leurs jours. Leur rôle est d’assumer leur part de responsabilité dans les projets à long terme de notre monde et, ainsi, de donner un exemple au public pour lequel ils travaillent. Leur responsabilité est de penser audacieusement au loin, non pas de craindre la défaveur de la foule (…) ».
Chiche !
