L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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Quoi ? N’était-ce donc que cela ?
Un simple jeu de vases communicants entre parole et apparence ? En 2012, le candidat socialiste amaigri nous parlait de changement et maniait les promesses de Gascon. Deux ans plus tard, le président socialiste remplumé est redescendu sur terre et n’a plus que le terme d’austérité à la bouche. « On n'est jamais sot ni ridicule quand on proportionne son ambition à ses capacités » écrivait le romancier Charles Dolfus, (1827-1913). En la matière, s’il semble bien que notre cher Président suive ce conseil à la lettre pour lui même, on regrette toutefois qu’il n’ait pas d’aspirations plus grandes (n’osons même pas l’adjectif de « démesurées ») pour notre pays. Elaborer une politique consistant à baisser les charges des entreprises et à réduire les déficits publics ne permettra pas de stopper la longue descente aux enfers des chiffres de l’emploi et de rassurer nos concitoyens. Au contraire, en imposant une forme de dévaluation interne au pays, cette stratégie devrait surtout rétablir un certain équilibre dans nos échanges commerciaux et ce faisant, rendre possible la restauration de notre crédibilité à l’international. Il faut dire qu’en la matière, l’urgence est grande. Dans un récent sondage, le très sérieux journal allemand Die Welt (distribué dans près de 130 pays) a révélé que la France était encore plus mal considérée que la Russie de Vladimir Poutine par les investisseurs internationaux. Si le ridicule ne tue pas, il interpelle quand même. D’autant que pendant ce temps, l’économiste Thomas Piketty (cf. Gestion de Fortune, n°244 de janvier 2014) fait un tabac aux Etats-Unis avec son livre intitulé « Le Capital au XXIe siècle ». Un paradoxe que devrait mettre à profit notre Président pour méditer ces quelques mots de Lucius Annaeus Seneca, plus connu sous le nom de Sénèque (an 4 av J.C., 65 après J.C.) : « il existe un curieux paradoxe : quand je m’accepte tel que je suis, alors je peux changer. »
