L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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Pour qui prend plaisir à les traquer, les clins d’œil de l’actualité constituent une intarissable source de plaisir intellectuel. Cet été, au moment même où notre président, si décrié pour sa politique économique et sociale, fêtait ses 60 ans, l’expression juridique « en bon père de famille » disparaissait de notre droit. Officiellement, il s’agissait d’installer définitivement la loi dite de l’égalité réelle entre les hommes et les femmes. Officieusement, certains esprits mal tournés ont déploré cette modification au motif qu’ils ne pourraient plus réclamer au premier édile de notre pays de gérer celui-ci en « bonus pater familias ». Si ce soudain accès de nostalgie pour une expression née dans le droit romain et consacrée par le Code Napoléon peut, sinon se comprendre, du moins s’expliquer, l’actualité s’est empressée de lui fournir un substitut. Au lendemain de notre fête nationale, le label « fait maison » est en effet entré en vigueur dans le secteur de la restauration. Et comme en matière de politique économique, il est souvent question de recette, nous pourrions rapidement sauter le pas et demander au président de mettre les petits plats dans les grands pour nous sortir de l’ornière prestement. S’ils comprennent bien qu’il soit difficile de redistribuer les fruits de la croissance quand celle-ci disparaît, nos compatriotes commencent à trouver l’addition de mai 2012 bien salée. Comme l’écrivait le prolifique GK Chesterton (1874-1936), « le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement ». Monsieur le président, vous savez désormais ce qu’il vous reste à faire pour réussir votre recette.
Bonne rentrée à tous et très bonne lecture !
