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Gestion de Fortune - Juin 2021

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L'Edito de Jean-Denis Errard

 Elections

 Dans dix mois se tiendront de nouvelles élections présidentielles. Nul besoin de convoquer les astrologues pour deviner que la question fiscale sera au centre de l’enjeu de cette échéance. Notre pays déjà surendetté avant la crise – un ancien Premier ministre l’avait même déclaré « en faillite » – l’est encore plus aujourd’hui et le « quoiqu’il en coûte » du Chef de l’Etat plonge les finances publiques et notre système social dans une terra incognita où nul ne sait ce qui pourrait advenir si les taux remontaient et si la confiance des investisseurs internationaux dans la qualité de la dette française s’évaporerait. Cette confiance tient jusqu’à présent parce que ceux-ci croient – on est bien dans le domaine de la foi – qu’il existe un potentiel fiscal pour les rembourser.

Mais dans un pays comme le nôtre qui est déjà archi pressurisé de ponctions fiscales et sociales cette confiance est bien ténue ! En 2019, dernière donnée connue, le taux des prélèvements obligatoires de la France était déjà supérieur de 5,8 points de PIB à la moyenne de la zone euro ! Le ministre des finances, Bruno Le Maire, répète à qui veut l’entendre qu’il n’est pas question d’augmenter les impôts. Qui se risquerait à dire le contraire si proche d’une élection présidentielle ! Après, ce sera une autre histoire ! L’argent magique n’a qu’un temps !

Face à cette orgie de dettes qu’accumulent pays et entreprises le Fonds monétaire international (FMI) vient d’appeler les gouvernants du monde entier à revenir sur terre et à cesser de jouer les « Thomas Pesquet » de la planche à billets. « Il faut taxer les riches » lance en substance le grand argentier du monde. Message reçu aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Pas en France, du moins pour le moment mais il est évident que cette quiétude fiscale est calculée. « Nous sommes cette année dans une bulle de calme et de sérénité, après les chocs de 2020 et avant le tumulte probable de 2022 », fait justement remarquer Sophie Nouy, directrice de l’ingénierie patrimoniale du cabinet Cyrus Conseil.

Il se dit que le président qui sortira des urnes en mai 2022 devra donner des gages pour éviter que les fractures sociales ne s’amplifient. Après ce ras-le- bol fiscal des Français qui a récemment plongé la France dans la rébellion, la cible semble toute désignée. Les entrepreneurs et ménages aisés vont sans doute connaître leur Waterloo fiscal, l’Azincourt des percepteurs. Mais que pourraient trois milliards d’euros d’un ISF restauré à la place de l’IFI et autant si la flat tax ne plafonnait plus les gains du capital ? L’effacement de la baisse de 28 % à 25 % de l’impôt sur les sociétés, guère plus aussi. L’alourdissement de la fiscalité de l’assurance vie réclamé par des parlementaires de la majorité rapporterait quelques centaines de millions d’euros. Une bouchée pour le Pantagruel bercynien dont l’obésité mesure 150 milliards d’euros de déficit budgétaire et plus de 2600 milliards d’euros de dette. A la diète le monstre obèse !