14042024

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Actualité des sociétés

Pour s’exposer au marché actions zone euro sans contrainte de style

 
Pour sexposer au marché actions zone euro sans contrainte de style

Interview de Timothée Malphettes , Gérant actions du fonds - Sienna Gestion.

 

 

Quel est l’objectif de gestion de Sienna Actions Euro ISR ?
L’objectif de Sienna Actions Euro ISR est d’offrir aux investisseurs la possibilité d’investir en actions de la zone euro, sans contrainte de style. Le fonds n’est en effet ni growth ni value mais blend. L’idée est de s’affranchir des modes de marché. Nous sommes convaincus qu’un fonds diversifié en termes de styles est à privilégier. En résumé, c’est un fonds de conviction dont le but est de proposer une performance nette de frais égale à son indicateur de référence, le MSCI EMU Net Return, sur la durée de placement recommandée de cinq ans minimum. Il s’adresse à des investisseurs recherchant une valorisation de leur épargne à long terme.

Quel est l’univers d’investissement ?
Notre univers d’investissement correspond aux titres cotés en zone euro. Cela signifie que nous pouvons investir dans des titres n’appartenant pas au MSCI EMU Net Return. Nous disposons également de la latitude nécessaire pour intégrer au portefeuille des valeurs européennes hors zone euro, dans la limite de 10 % de l’actif net. Par ailleurs, le fonds a adopté une démarche ISR. Il est en effet classé article 8 au titre de la règlementation SFDR et bénéficie du Label ISR1. Cela permet de réduire qualitativement l’univers d’étude. In fine, l’objectif est de construire un portefeuille concentré autour de 70 valeurs, et diversifié en termes de capitalisations boursières et de secteurs.

Comment justement s’articule votre démarche ESG ?
D’une part, le label ISR du fonds constitue un cahier des charges précis et un repère unique pour les épargnants souhaitant participer à une économie plus durable. Pour y répondre, notre équipe ISR interne s’appuie notamment sur les données extra-financières fournies par Sustainalytics mettant en avant la notion de risque ESG et en adoptant une approche best in class. D’autre part, le fonds applique aussi la politique d’exclusion sectorielle et normative de Sienna Gestion concernant le tabac, le charbon, les armes controversées, la pornographie, le pétrole et le gaz non-conventionnel. Ces deux étapes permettent in fine d’exclure 20 % des titres les plus porteurs de risques ESG de notre univers d’investissement.

Comment l’équipe de gestion est-elle organisée ?
L’équipe de gestion est composée de quatre gérants-analystes. Chaque gérant est responsable du suivi d’un certain nombre de secteurs ou d’industries. L’idée est d’adopter une casquette de spécialistes sectoriels afin de dégager les meilleures idées d’investissement à court, moyen et long terme. Le poids de chaque secteur
(surpondération/sous-pondération) est décidé en comité de gestion.

Pouvez-vous nous présenter votre processus d’investissement ?
Notre processus combine à la fois une approche « bottom-up » et une approche « top-down ». Au sein d’un comité d’allocation d’actifs, un cadre macroéconomique est défini et développe une toile de fonds pour chacune des classes d’actifs. Pour les actions en particulier, l’objet est de bien appréhender les fondamentaux (valorisation, momentum, flux, perspectives de croissance et de rentabilité) du marché pour dégager une vue à court et moyen terme. Nous complétons ensuite cette vue dans le portefeuille avec une approche bottom-up et déclinons des convictions d’investissement selon une méthodologie de stock picking, titre par titre, développée en interne. Cette méthodologie est fondamentale et de long terme, même si des éléments quantitatifs peuvent être utilisés.

Comment sélectionnez-vous les entreprises que vous intégrez au portefeuille ?
Nous nous appuyons sur des contacts réguliers avec les entreprises ainsi que sur l’analyse financière, soit réalisée en interne soit sur celle de brokers. Nous sommes intransigeants sur la qualité et la pérennité des modèles économiques des sociétés retenues en portefeuille. Cela permet d’éviter les value traps ou les entreprises en retournement industriel dont l’avenir est incertain. Enfin, la valorisation (PER, VE/REX, rendement du free cash flow) est un élément discriminant de notre analyse dans la mesure où nous voulons éviter l’asymétrie entre un potentiel de hausse limité et un potentiel de baisse significatif en cas de derating d’une valeur.

Quels secteurs vous semblent attractifs actuellement ?
L’énergie et la technologie nous semblent être parmi les plus attractifs de la cote européenne. L’énergie bénéficie de prix qui devraient rester élevés dans le contexte de la guerre en Ukraine. De plus, un éventuel rebond économique de la Chine soutiendrait davantage encore ces prix.


La technologie nous parait aussi être un segment à privilégier. On y trouve des histoires de croissance séculaire avec des valorisations en absolu abordables et relativement décotées par rapport aux valeurs américaines. A l’inverse, nous maintenons une sous-pondération marquée sur les utilities qui pâtissent de la remontée des taux longs.

Pouvez-vous nous parler de la performance récente du fonds ?
Au 1er septembre 2023, sur un an glissant, le fonds se classe dans le premier quartile de sa catégorie (source : Bloomberg) avec une surperformance de l’ordre de 1 % net de frais par rapport à l’indicateur de référence. Sur 18 mois glissants, la surperformance est de 2,5 %. D’une part, le fonds a su naviguer entre les évolutions de styles et a su s’adapter aux différentes configurations de marché. D’autre part, le stock picking a aussi contribué à la bonne tenue du fonds. Des titres comme ASM International, Forvia, Informa, Saint-Gobain ou encore Unicredit affichent en effet des performances tout à fait intéressantes sur la période.

Quelles sont vos perspectives de marché pour les prochains mois ?
Nous abordons l’avenir avec un optimisme prudent. D’un côté, l’activité économique dans les pays développés se dégrade lentement et la Chine peine clairement à redémarrer. D’un autre côté, les politiques monétaires des principales banques centrales produisent leurs effets en termes de désinflation ce qui augure d’une inflexion de celles-ci. Dans un contexte de marché actions européen où les valorisations sont loin d’être exubérantes, nous voyons la hausse du début d’année se poursuivre, à un rythme moins rapide cependant.

 

Thierry Bisaga