12072024

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Actualité des sociétés

Label ISR : un fonds labelisé sur deux n’est pas prêt pour le nouveau référentiel


Label ISRAlors que le nouveau label s’appliquera à partir du 1er mars, les gérants sont encore très largement investis dans les énergies fossiles : 9 fonds sur 10 sont concernés.

 

 

 

  

Le nouveau label ISR s’apprête à entrer en piste. Il s’appliquera au 1er mars 2024 pour les nouveaux fonds labelisés, tandis que ceux qui le sont déjà bénéficieront d’une période de transition jusqu’au 1er janvier 2025.

Alors que les échéances se rapprochent, Epsor publie la quatrième édition de son étude annuelle sur les fonds d’investissement responsables en France. Son constat est sans appel : ce n’est pas une marche mais un fossé qui sépare les sociétés de gestion des exigences du nouveau label.

La fintech spécialiste de l’épargne salariale relève que 49 % des fonds actuellement labelisés n’obtiendraient pas leur label avec le nouveau référentiel. Le poids des énergies fossiles est non seulement dense dans les fonds labelisés ISR, mais s’accroît : 88 % d’entre eux investissent dans un émetteur en lien avec le secteur, contre 80 % en 2021. « En moyenne, 6,63 % de leurs actifs sont exposés aux énergies fossiles en 2023 », note Epsor.

TotalEnergies, emblème des débats best-in-class vs best-in-progress, est à la 5e position des entreprises qui drainent le plus d’investissements de fonds labélisés, en étant présente dans un fonds sur cinq. En 9e et 10e position, on trouve Axa et BNP Paribas, deux acteurs récemment taclés par l’ONG Reclaim Finance pour « le manque de crédibilité de leurs pratiques d'engagement en faveur du climat ».

Epsor conseille de privilégier les fonds Article 9 du règlement SFDR pour investir dans la transition écologique, qui offrent des garanties plus solides. Ils proposent 50 % d’investissement en plus dans les entreprises de la transition que l’ensemble des fonds passés en revue par l’étude, leur empreinte carbone est 13 % plus faible et leur exposition au financement des énergies fossiles 34 % plus faible.

Pour rappel, le nouveau référentiel exclut les émetteurs développant de nouveaux projets d’exploration, d’exploitation ou de raffinage d’hydrocarbures (pétrole et gaz), conventionnels ou non, et de charbon. La porte est également fermée pour les entreprises dont plus de 5 % de l’activité porte sur la production de charbon ou d’hydrocarbures non conventionnels, mais reste ouverte pour celles qui exploitent du pétrole ou du gaz conventionnels.

Le cabinet du ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait lors de la présentation du nouveau référentiel assuré ne pas connaître « d’entreprise dans un portefeuille ISR actuellement qui exploite des hydrocarbures conventionnels, n’ait pas de nouveau projet et propose un plan de désengagement des énergies fossiles ». Les résultats de l’étude d’Epsor, qui sera disponible dans son intégralité le 1er mars, semblent lui donner raison.