25042024

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Tendance

La collecte nette des fonds immobiliers non cotés passe en terrain négatif


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Les chiffres de l’Aspim pour le 3e trimestre 2023 montrent un ralentissement voire une décollecte sur tous les types de véhicule alors que les SCPI peinent à faire face aux demandes de retrait.

 

 

 

La collecte nette des fonds immobiliers non cotés dégringole depuis le début de l’année. Après avoir marqué le pas aux 1er et 2nd trimestre 2023, elle est à présent négative (-0,8 Md€) selon les chiffres de l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim).
Dans le détail, les sociétés civiles support d’unité de compte enregistrent au 3e trimestre une décollecte nette de 832 M€, les OPCI grand public de 791 M€ et les SCPI voient leur collecte nette ramenée à 852 M€.

Moins de 30 % des ordres de retrait honorés

Concernant ces dernières, un bouchon se forme pour les demandes de retrait. Les ordres de rachat, d’un montant d’1,7 Md€, n’ont été honorés qu’à hauteur de 500 M€ grâce aux nouvelles souscriptions ou aux collectes passées non investies.

« La situation des parts en attente est cependant très contrastée selon les SCPI : sur un total de 212 SCPI, 98 SCPI gérées par 17 sociétés de gestion avaient des parts en attente de rachat au 30 septembre 2023 ; en revanche, 114 SCPI gérées par 38 sociétés de gestion n’avaient aucune part en attente de rachat à la même date », relève l’Aspim.

Ce sont d’ailleurs ces dernières qui portent le marché en réalisant 78 % de la collecte brute (1,06 Md€) au 3e trimestre. La stratégie immobilière prépondérante de chaque SCPI a joué un rôle majeur : on trouve sur le podium les SCPI diversifiées (43 % de la collecte brute), les SCPI de bureaux (28 %) et celles dédiées à la santé et l’éducation (15 %).

Un taux de distribution proche de 2022

Ramené à l’année, le volume de souscriptions reste suffisamment élevé (6,4 Md€) pour se rapprocher du niveau de 2019. Même si le prix de part est inchangé depuis le début de l’année pour 63 % des SCPI, le prix de part moyen pondéré de la capitalisation a diminué de 4 %. L’Aspim anticipe par ailleurs un taux de distribution annuel « proche de celui de 2022 » (+4,53 %) puisqu’il s’établit à +3,25 % sur les trois premiers trimestres de 2023. L’Association ne s’inquiète donc pas pour les souscriptions futures, considérant que l’ajustement des prix de part et les taux de rendement en hausse devrait dynamiser la collecte.

« Le secteur est en phase d’adaptation à de nouvelles conditions de marché qui n’étaient pas encore stabilisées à la fin du troisième trimestre, analyse l’Aspim. Après une décennie de taux d’intérêt bas, qui ont porté la valorisation des marchés immobiliers, les gérants entrent dans un nouveau cycle immobilier dans lequel la performance future des fonds résidera davantage dans leur capacité à générer des revenus, notamment par l’indexation de loyers, et dans la faculté des gérants à travailler leurs actifs et leurs patrimoines pour répondre aux besoins futurs des locataires et aux défis de la transition environnementale ».