Dans la nuit du 7 au 8 novembre dernier, j'ai fait un rêve ou non plutôt un cauchemar, lequel m'a poussé à scruter les réseaux sociaux au beau milieu de la nuit, au moment même où la première démocratie du monde votait pour élire son nouveau président.
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L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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Dans la nuit du 7 au 8 novembre dernier, j'ai fait un rêve ou non plutôt un cauchemar, lequel m'a poussé à scruter les réseaux sociaux au beau milieu de la nuit, au moment même où la première démocratie du monde votait pour élire son nouveau président. C'était la première fois que je le faisais pour une élection. Pas particulièrement américanophile mais pas américanophobe non plus, quelque chose m'encourageait malgré tout à me tenir informé en direct. Finalement, dès 4h32, certains comptes annonçaient la victoire des démocrates. Je me suis alors recouché avec le sentiment qu'il me fallait tout de même éclaircir ce mystérieux intérêt pour ces élections lointaines. Après quelques jours de réflexion et de travail - je vous invite à ce sujet à vous plonger dans le dossier du mois - j'ai compris. Même si le débat a parfois tourné au règlement de compte façon Far West, les hommes de pouvoir américains (ou du moins leurs conseillers) trouvent encore les mots justes pour mobiliser les foules. Qui n'aurait pas envie de jeter ses forces dans la bataille contre la crise économique après s'être entendu dire : « J'ai toujours pensé que l'espoir est une chose entêtée à l'intérieur de nous qui répète, malgré toutes les preuves du contraire, que quelque chose de mieux nous attend, aussi longtemps que nous aurons le courage de continuer à avancer, de continuer à travailler, de continuer à nous battre » (Barack Obama, nuit du 6 novembre). Ceux qui estimeraient que tout cela est belle parole ont raison. Ils ont tort par contre de penser qu'il s'agit seulement d'angélisme. Le président réélu n'est pas dupe lorsqu'il dit : « Le rôle du citoyen dans la démocratie ne s'arrête pas au vote. En Amérique, il n'a jamais été question de savoir ce qui peut être fait pour nous. Il est question de savoir ce qui peut être fait par nous, tous ensemble ». Nous sommes là bien loin du discours ambiant dans notre pays. Au contraire, à force de vouloir plus de justice fiscale, voici que notre gouvernement lève contre lui toute une panoplie d'animaux à la connotation bien ancrée dans notre langage. Après les très médiatiques « pigeons » (les chefs d'entreprise), les « dindons » (les particuliers employeurs) et les « moutons » (les travailleurs indépendants) sont aussi montés au créneau avec plus ou moins de succès pour défendre les emplois qu'ils contribuent à maintenir, voire à créer. Entendons-nous bien, si la justice fiscale, qu'aucune réforme n'est jamais parvenue à instaurer depuis que les impôts et taxes existent, n'est pas un but mauvais en soi, l'explication de texte qui en est faite par le gouvernement et son exploitation médiatique sont malheureusement des plus déplorables. Au point que le nombre d'expatriés fiscaux continue de croître doucement mais sûrement (se reporter à l'invité du mois parti lui en Suisse). Dans le même temps, la situation économique se dégrade, la France flirte dangereusement avec la récession et pourrait bien finir l'année avec un PIB tout juste en hausse. A quand la grande réconciliation entre l'épargne et l'économie comme l'a proposée le rapport Gallois ? A quand la fin de ces placements de court terme au profit de l'investissement au long cours ? Alors que s'ouvre cette période de fêtes de fin d'année, j'incite tout à chacun à revoir sa liste de priorités et surtout de résolutions. N'oublions pas que dans le roman de George Orwell intitulé La ferme des animaux, les animaux se révoltent pour chasser l'homme...
Bonne lecture et très bonnes fêtes de fin d'année !
Gilles Petit
