L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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Nous serons critiqués, sans aucun doute mais quelle meilleure preuve d’attention à notre égard dans un monde où tout le monde tend à la neutralité, au politiquement correct. Notre démarche n’a rien de voyeuriste, bien au contraire. Puisque l’heure est à la transparence, autant que celle-ci fonctionne à double sens.
Les ministres ont accepté de révéler l’étendue de leur patrimoine, à nous de leur dire en toute objectivité de quoi il retourne réellement. Après tout en effet, si au moment de la publication de ces déclarations, nos confrères journalistes ont commenté leur contenu, aucun d’entre eux ne s’est risqué à une véritable analyse. Pourtant, au même titre que la fameuse « veuve de Carpentras » dont les banquiers ont bâti la mythologie, nos ministres ont aussi besoin de conseils, désintéressés si possible. Qui, mieux que Gestion de Fortune, pouvait se livrer à cet exercice ?
Indépendant depuis 22 ans, notre magazine ne s’est jamais privé de délivrer des coups de gueule quand le besoin s’en faisait sentir et d’éviter l’amalgame dangereux entre rédactionnel et publicité. A l’heure où l’information apparaît plus que jamais comme un pouvoir sonnant et trébuchant, nous avons tenu à faire comme tous les professionnels de la gestion de patrimoine ou de fortune, « conseiller en notre âme et conscience ».
Bien qu’il ne soit ici question que des stocks constitués et pas des flux, le manque de stratégie patrimoniale de nos ministres est criant. A croire qu’après eux, ce sera le déluge ! Un comportement qui ne rassure guère à l’heure où l’on ne cesse d’entendre parler du montant abyssal de la dette nationale (1857,76 milliards d’euros soit 28 581 euros par habitant le 18 juin dernier). Puisque c’est en forgeant que l’on devient forgeron, nous invitons donc nos ministres à lire avec attention le grand dossier du mois. Outre leurs carences, ils y découvriront également qu’aucune situation n’est désespérée dès lors que l’on se donne les moyens de s’en extraire. Un exemple qui leur donnera, nous l’espérons, des idées pour leurs taches nationales. Comme l’a écrit le psychanalyste et écrivain Boris Cyrulnik : « tout organisme pour s’adapter doit innover, tenter une aventure hors de la norme, engendrer de l’anormalité afin de voir si ça marche, car vivre c’est prendre un risque ».
Bonne lecture !
Gilles Petit
