L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) disait que le silence prolonge la musique. Arrêtons-nous donc un instant pour écouter la petite ritournelle très en vogue ces derniers temps : la dette publique française est une menace tant pour notre économie que pour celle de l’Europe. Dans ces conditions, seules des coupes budgétaires et une pression fiscale peuvent nous sauver du naufrage. Fermez le ban.
Seulement, comme l’écrivait Albert Camus, « mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde ». Et en l’occurrence comme le démontrent dans une étude récente (disponible sur le site www.voxeu.org) Marta Ruiz Arranz et Fabian BornHorst, deux économistes du Fonds Monétaire International, le problème actuel ne se borne pas à l’endettement public mais recouvre aussi une dimension privée. Selon eux, « quand les trois secteurs-gouvernement, ménages et entreprises-ont un niveau d’endettement supérieur à la moyenne, l’impact négatif de la dette sur la croissance est plus élevé. L’analyse suggère aussi que la dette privée peut être plus préjudiciable à la croissance que la dette publique. » Et c’est bien là que le bât blesse aujourd’hui. En Europe, des pays comme l’Irlande, le Portugal ou l’Espagne affiche des niveaux de dettes privées oscillant entre 306% du PIB et 195%. D’autres, pourtant considérés comme des bons élèves comme les Pays-Bas atteignent les 128%. La France se situerait légèrement en-deçà. Les derniers chiffres publiés par la Banque de France font état d’un endettement du secteur privé non financier (ménages et sociétés non financières) de 121,6% du PIB à fin juin 2013. Il semblerait donc que nos hommes politiques et leurs conseillers se trompent lourdement en préconisant un remède ne tenant pas compte de toutes les données du problème. Aveuglés par le désendettement public, ils en oublient le rôle déterminant des agents privés dans l’économie. Souhaitons qu’ils ouvrent les yeux à temps et donne raison à John Fitzgerald Kennedy, lequel lors de son investiture déclara : « on connaît une nation aux hommes qu’elle produit mais aussi à ceux dont elle se souvient et qu’elle honore. »
Bonne lecture et très bonnes fêtes de fin d’année !
Gilles Petit
