L'Edito de Gilles PetitRédacteur en chef de Gestion de Fortune
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« Dans dix ans, la France sera la puissance dominante en Europe continentale ». Aussi surprenante soit-elle, cette prédiction a été formulée par Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph, un journal que l’on ne peut suspecter d’être particulièrement francophile. A l’appui de cette sentence, un constat. L’Allemagne, le bon élève auto-proclamé de l’Europe va mal, très mal. Non seulement son modèle économique basé sur l’exportation à destination des pays émergents s’essouffle mais en plus son modèle de société est en train de voler en éclats. Outre-Rhin aujourd’hui, un cinquième des enfants grandissent dans la pauvreté et 7,4 millions de personnes appartiennent à ce que Marcel Fratzscher, le président de l’Institut allemand pour la recherche économique, nomme lui-même le « lumpenprolétariat ». « L’Allemagne se considère comme un modèle pour le reste du monde mais la fierté précède toujours la chute » commente laconiquement Olaf Gersemann, le chef du service économique du très sérieux journal Die Welt. En comparaison de ce triste tableau, la France fait donc plus envie qu’il n’y paraît. Certes rien n’est encore résolu mais entre les nuages, une éclaircie semble pourtant se dessiner. A quatre jours d’intervalle, à la mi-octobre, Patrick Modiano a reçu le prix Nobel de littérature et Jean Tirole, le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel. Plutôt bien pour un pays au bord du gouffre et sans vigueur. Si notre économie tourne actuellement au rythme d’un diesel, nos cerveaux carburent au super semble-t-il. Souhaitons qu’il en soit de même pour notre Emmanuel Macron, notre nouveau ministre de l’économie. Celui que l’on décrit volontiers comme un Rastignac social-libéral connais peut-être cette phrase de l’artiste anglaise Maria Marshall : « notre plus grande gloire n’est pas de jamais tomber mais de nous relever à chaque fois que nous tombons. »
Bonne lecture !
