09122019

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Cyrus Conseil : des ambitions fortes !

Le cabinet de CGPI a réalisé une année record avec 450 M€ brut de collecte dont 50% en immobilier. L’encours conseillé devrait atteindre 3,7 à 3,8 Md€ à fin 2018. Son président Meyer Azogui fixe un cap très stratégique.  



Cyrus Conseil, un des plus gros cabinets de gestion de patrimoine, qui va fêter ses 30 ans en 2019 a fait le bilan de l’année écoulée. Son président Meyer Azogui estime que quatre défis attendent la profession. 

Défi 1. Entre le mille-feuille réglementaire (MIF 2, DDA, Priips) et la complexité de l’environnement financier, nous vivons dans « un marché en ébullition » qui conduit à une double interrogation : l’évolution de la segmentation de la clientèle (avec une tendance à la montée des minima d’accessibilité à la gestion privée et une standardisation accrue de l’offre) et la recherche d’une taille critique.  

Défi 2. Selon Meyer Azogui, « les distributeurs sont en position de force aujourd’hui, car ce sont eux qui tiennent la relation client : ce qui conduit à une porosité des activités entre sociétés de gestions et gérants de patrimoine » comme l’illustrent plusieurs rapprochements en 2017 et 2018, à commencer par le rachat de La Financière de l’Echiquier par Primonial et le projet de rachat de Sycomore par Generali. Ajoutons que plusieurs sociétés de gestion de portefeuille ont lancé leur propre service de gestion privée.

Défi 3. La transparence des rémunérations survient au moment où les performances des actifs financiers sont négatives. Mais, « à la transparence des coûts, nous devons répondre par la création d’encore plus de valeur ajoutée, et la rendre visible », affirme Meyer Azogui.

Défi 4.  Le retour du politique inquiète, avec notamment la montée des populismes, le brexit ou le conflit commercial sino-américain. « La conséquence est la forte volatilité à attendre sur les marchés financiers cette année », déplore Meyer Azogui. « Il est de notre devoir d’en informer nos clients. Afin que l’émotion ne l’emporte pas, nous leur proposons deux solutions : la diversification stratégique incluant toutes les classes d’actifs (avec comme principe la prépondérance de la stratégie patrimoniale par rapport au seul produit) et la délégation de gestion de leurs actifs financiers », précise le président de Cyrus Conseil.

Dans ce contexte, le cabinet intègre des structurés dans son allocation d’actifs. « Une excellente solution quand le cahier des charges est bien ficelé. Nous avons eu de très bons résultats en 2018 : 28 remboursements et une rentabilité moyenne de 7,5%. C’est une classe d’actif à part entière qui offre des opportunités pour trouver de la performance quand les marchés n’en font pas mais ce n’est pas la panacée », a commenté Meyer Azogui.

Le contexte politique en France fait-il fuir les investisseurs ? « Pour l’instant, nous n’observons pas vraiment de tendance, on ne peut pas parler de remise en cause de la part des investisseurs », nous a répondu Meyer Azogui.

Les ambitions fortes de Cyrus

Meyer Azogui a expliqué qu'il « est temps maintenant d’accélérer ». Il fixe trois axes de croissance externe : l’immobilier, le wealth management et l’asset management. Il entend notamment racheter ou créer sa propre structure de gestion en immobilier, pour gérer les fonds lancés par sa filiale Eternam.

De même, en gestion d’actifs, des contacts seraient en cours, mais « rien de précis pour l’instant ». Pour rappel, Cyrus Conseil a toujours privilégié la croissance interne puisque le cabinet n’a réalisé que trois opérations de rachat en 30 ans, l’une en 2010, une autre en 2017 et une troisième en 2018. C’est dire que ce nouveau plan stratégique prend toute son importance !

Un immobilier porteur mais…

Chez Cyrus Conseil, en 2018, l’intérêt est en forte hausse de la part des gros investisseurs en club deal alors que c’est l’inverse en retail ! « Le marché est porté par des taux faibles et donc un spread encore important entre le taux des crédits et le rendement de l’immobilier prime », analyse José Zaraya, président d’Eternam. Les investisseurs sont donc toujours présents et actifs mais sur des marchés disparates : « Notre activité résidentielle a été moins bonne en 2018 avec des tendances régionales très différentes compte tenu d’une sélection renforcée ».

L’activité tertiaire est quant à elle en forte hausse notamment sur les opérations à structurer, génératrice de plus-value à terme. « En 2019, nous parions sur un marché porteur avec beaucoup de sélectivité pour réussir ses investissements ».

Deux opérations ont récemment été concrétisées au sein de l’activité club deal : le rachat d’un portefeuille de 45 hôtels à un institutionnel (avec travaux, un risque limité, une belle rentabilité et un effet de levier) et l’acquisition à KKR d’un portefeuille de 27 actifs entièrement loués à d’Orange pour un montant supérieur à 100 M€.

Une Bourse « sidérante » !

« On est passé en quelques jours de la crainte de l’inflation à la peur de la récession », constate Gilles Etcheberrigaray, DG de Invest AM, la filiale de gestion d’actifs de Cyrus Conseil. « La guerre sino-américaine est au cœur des scénarios et nous anticipons que la récession chinoise les incitera à faire des concessions plus facilement ». Dans ce contexte et après la très forte chute des cours en décembre, Invest Am a été acheteur en actions début janvier pour saisir des opportunités à court terme sans pour autant contredire son analyse de fin de cycle qui demeure valide sur le moyen terme. Notons que son fonds vitrine Invest Latitude Monde (fonds flexible actions internationales) obtient de très bons résultats : il bat 90 % des fonds de sa catégorie sur 3 et 5 ans.

Le conseil de Meyer Azogui à l’égard des clients : « Ce qui compte c’est leur seuil de tolérance à la volatilité. Le mieux qu’ils puissent faire, c’est de ne pas laisser leurs émotions gérer à leur place. Qu’ils nous laissent la main !»

Jean-Denis Errard