02022023

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Capital investissement

Dette privée : un marché en pleine crise de liquidité ?

TRIBUNE JT

Par Louis Thuillez, Head of Private Debt Execution chez Aether Financial Services

Après une année 2022 riche en événements, la dette privée ne semble pas touchée par les problèmes de liquidité, si l’on en croit ce spécialiste du private equity.

 

 

La multiplicité des acteurs et les levées de fonds récentes apporte une forte liquidité supplémentaire dans ce marché en pleine expansion (120 Md$ selon Preqin au premier semestre 2022). L’enjeu pour les fonds alternatifs va résider dans la différenciation et la capacité à se positionner rapidement afin d’assurer leur pérennité. Alors que les fonds de dette privée ont beaucoup d’argent à déployer, ils doivent faire face à un univers macroéconomique plus tendu, avec moins d’opportunités à saisir et plus de sélectivité comme de compétitivité dans les dossiers.

Cette situation pourrait-elle induire un certain paradoxe : celui de la crise des liquidités ? Les fonds de dette privée sont en pleine expansion depuis une dizaine d’années et le marché semblait arriver à une certaine maturité, avec une tendance à la consolidation. Force est de constater que ce n’est pas le cas tandis que de nouveaux acteurs apparaissent et d’autres continuent de se développer.

Cet accroissement du nombre d’acteurs et le montant de liquidités disponibles pourrait bien avoir un effet pervers (au bénéfice des fonds de Private Equity et des emprunteurs) : une augmentation du rendement moins importante que l’inflation. A cet égard, l’indice Aether FS Unitranche France reflète certaines tendances.

En hausse au Q2 2022, les investisseurs avaient réussi à augmenter leur rendement par rapport au levier au closing. Ils avaient ainsi mieux négocié leur marge au closing pour certainement refléter l’effet d’accroissement du risque sur les opportunités de marché.

A contrario, l’indice Aether au Q3 2022 est en baisse, avec des leviers et des marges qui ont régressé, contrairement aux attentes qui prédisaient des marges supérieures. Pourtant, si le contexte actuel permet bien une chose, c’est l’ouverture à une meilleure rémunération du risque associé à chaque transaction. Il devient alors plus difficile de se placer dans un marché où les acteurs doivent arbitrer entre prudence et opportunité.

Une combinaison de la remontée des taux de référence associée à un large retrait des banques dans les financements à effet de levier, semble constituer une aubaine pour les acteurs de la dette privée.  

Cela permettra certainement aux fonds de pouvoir déployer les fonds levés et de garantir une place pour tous sur l’échiquier de la dette privée.

 

 LT